Faut-il etre plus compétent que ceux que l’on forme ?

10 fevrier 2026

L’histoire fait sourire.

Un moniteur d’auto-école sans permis.

On rit, on s’indigne,...

Et pourtant… derrière l’anecdote, une question autrement plus sérieuse:

Faut-il être plus compétent que ceux que l’on forme pour être légitime ?

savoir faire Ou savoir être ?

Exemple de session de formation:


Autour de la table : aides-soignants, infirmiers, kinésithérapeutes, médecins.


Des années d’expérience cumulées. Des gestes maîtrisés. Des situations vécues, parfois lourdes, parfois violentes.


Et au centre : le formateur.


Doit-il :

Piquer mieux qu’une IDE ?

Mobiliser plus efficacement qu’un kiné ?

Poser un diagnostic plus juste qu’un médecin ?

Aller plus vite, plus fort, avec plus de technique ?

Si la réponse est oui, alors le rôle du formateur devient impossible.

Et surtout… inutile.

La vraie compétence du formateur n’est pas celle que l’on croit

Former n’est pas démontrer une supériorité technique. Surtout dans le développement de competences.

Former, c’est changer un angle de vue.


Le formateur n’est pas celui qui fait mieux.

Il est celui qui :

- met des mots là où il y avait de l’intuition,

- donne du sens là où il n’y avait que de l’habitude,

- ralentit là où le quotidien pousse à l’automatisme,

- relie les ponts entre des métiers qui ne se parlent pas toujours.


En soins, c’est fondamental.

Accompagner, c’est marcher à côté

Même entre collègue...


Dans le champ du soin et de l’accompagnement, la compétence n’est jamais solitaire.

Elle est contextuelle et surtout partagée.

Un aide-soignant voit ce que le médecin ne voit pas.

Un kiné perçoit ce que l’IDE n’a pas le temps de percevoir.

Un médecin comprend ce que le terrain ne permet pas toujours d’exprimer.


Le formateur, lui, ne remplace personne.

Il crée un espace où ces regards peuvent coexister sans s’annuler.

Former, ce n’est pas conduire à la place de l’autre

Reprenons la métaphore de la conduite, mais jusqu’au bout.

Le formateur n’est pas celui qui tient le volant à la place du soignant.

Il est celui qui :

- aide à lire le tableau de bord,

- explique le sens des voyants,

- apprend à écouter les bruits inhabituels,

et parfois… autorise à s’arrêter sur le bas-côté pour réfléchir.


En soins, cela s’appelle :

- compréhension des comportements,

- régulation émotionnelle,

- posture éthique,

- coopération interprofessionnelle.


Aucune de ces compétences ne consiste à “faire mieux qu’eux”.

Et si la vraie légitimité était ailleurs ?

La légitimité du formateur ne vient pas de sa supériorité technique.

Elle vient de sa capacité à :

- sécuriser la réflexion,

- rendre pensable ce qui était confus,

- rendre partageable ce qui était isolé,

- et parfois, mettre des mots simples sur des situations complexes.


Former des soignants, ce n’est pas leur apprendre à soigner.

C’est leur permettre de continuer à soigner sans s’abîmer et en restant fidèle à leur motivation de départ: Prendre soin des autres.

En conclusion

Un moniteur sans permis choque parce qu’il enfreint une règle claire: avoir le permis de conduire pour apprendre à conduire...


Mais dans le soin, les règles sont rarement aussi simples.

La vraie question n’est donc pas :

« Suis-je plus compétent que mes stagiaires ? »

Mais plutôt :

« Suis-je capable de les aider à penser autrement ce qu’ils font déjà très bien ? »


Et ça, ce n’est pas une question de permis.

C’est une question de posture.

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Contact

Stéphane Molitor, gérant et formateur de Eurl Formation Recherche Réalisation 

28 la chaussée Brunehaut, 59138 Hargnies

Téléphone: 0628713046    Mail:  [email protected]



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Date de mise à jour des informations: 01 mai 2026